[INTERVIEW] Brutal Sphincter au Muscadeath 2026 !
Pour commencer, présentez-nous un peu le groupe.
Germain : Je suis un coq !
Griska : Et moi, je suis Griska, l'un des deux chanteurs. Le coq, c'est le bassiste.
Germain : Comme la plupart des coqs, je suis bassiste.
Tout à fait. C'est même assez connu. C'est pour ça qu'ils vivent dans des "basses"-cours.
À quel moment de votre vie vous êtes-vous dit que c'était une bonne idée d'appeler un groupe Brutal Sphincter ?
Germain : C'était pendant mes études d'assistant social. On voyait, pour la énième fois, les stades du développement de l'enfant chez Freud. Il y a notamment le stade anal, où l'enfant apprend à maîtriser son sphincter. Je me suis alors dit que si je montais un groupe, je l'appellerais Brutal Sphincter.
Mais le groupe a beaucoup évolué depuis ses débuts. Les morceaux sont plus longs, plus développés, moins dans un délire « caca metal ». Le nom vous correspond toujours ?
Germain : Oui ! Il est magnifique, ce nom ! Les gens voient ça sur une affiche et se disent : « C'est quoi cette merde ? » Puis ils viennent nous voir. Ça attire du monde en concert. Ça fait toujours partie de l'identité du groupe.
Derrière les blagues potaches, vous abordez aussi des sujets de société. L'humour est-il un moyen de faire passer un message, ou est-ce simplement quelque chose qui vous amuse ?
Germain : Depuis plusieurs années, si tu suis trop l'actualité, tu finis frustré. L'humour permet d'aborder certains sujets d'une manière où les gens sont plus ouverts. On ne leur dit pas quoi penser.
(À ce moment-là, Julien, le batteur, rejoint l'interview.)
Germain : Certaines personnes se ferment dès qu'on aborde la politique. Avec l'humour, il n'y a pas cette confrontation d'opinions qu'elles peuvent percevoir comme négative. Après, ne pas moraliser reste compliqué, il y a des limites. Par exemple, on avait organisé un circle pit réservé aux femmes. Certaines personnes y ont vu une leçon de morale. Pourtant, notre idée était simplement de sensibiliser au fait que, dans certains pits, les hommes prennent toute la place.
Justement, vous imposez-vous des limites en matière d'humour ?
Germain : On n'y pense pas vraiment.
Griska : Avant de fixer une limite, on en discute surtout entre nous. À l'époque d'Analhu Akbar, certains estimaient déjà qu'on allait trop loin. On pouvait même se demander si ce n'était pas dangereux pour nous. Mais l'objectif reste toujours de faire rire, sans blesser les gens.
Le dernier album est beaucoup plus varié musicalement. Était-ce un choix conscient ?
Germain : Les premiers albums, je les écrivais à 80 %. Avec les changements de line-up, l'arrivée d'un nouveau batteur et d'un nouveau guitariste, d'autres influences sont apparues. Je n'étais plus seul à composer. Les morceaux sont donc devenus plus longs et plus structurés de façon assez naturelle.
Vous ne vous êtes pas dit que cela pouvait dérouter les fans de la première heure ?
Germain : Si, bien sûr. Mais nous avions envie d'essayer. L'album a été plutôt bien accueilli. On verra pour le prochain. Peut-être qu'on trouvera un équilibre entre cette nouvelle direction et le côté plus roots du goregrind.
En lisant des titres comme Sphinct-Earth Society ou Unvaxxed Lives Matter, je me pose une question : quelle est votre théorie du complot préférée ?
Griska : Ah, excellente question ! Je suis fasciné par les théories du complot. Mon rêve serait d'en inventer une moi-même, mais j'ai l'impression que tout a déjà été fait. Ma préférée reste celle selon laquelle les pigeons sont des drones qui se rechargent sur les lignes électriques. Ils filment tout le monde et servent d'espions.
Dans ce cas, je te conseille une interview sur la chaîne Légendes, où l'on apprend que la Terre n'est ni plate ni creuse… mais qu'elle est en réalité une kippa.
Y a-t-il un morceau que vous détestez jouer en live ?
Julien : Tous ceux du dernier album ! (rires) Ils sont beaucoup plus techniques et structurés. Je suis arrivé après l'enregistrement, donc toutes les parties batterie avaient été composées par quelqu'un d'autre. Je n'aime pas remplacer un musicien en jouant « à ma sauce ». J'ai voulu m'approprier exactement ce qui avait été enregistré, et j'en ai bavé. Le pire reste Tony Hawk. En plus, c'est le premier morceau du set, juste après l'introduction. Il est très rapide et très technique. Mais une fois celui-là passé, je sais que le reste du concert va bien se dérouler.
Quelle est la demande la plus absurde que l'on vous ait faite pendant un concert ?
Griska : Un type déguisé en Wolverine nous a montré ses parties intimes et a essayé de nous convaincre toute la journée de déféquer sur scène dans une assiette pendant le concert. Il nous avait même montré une petite assiette en carton à fricadelles. Finalement, le responsable du bar nous a prévenus que si on faisait ça, il coupait tout.
Germain : Ça me fait penser qu'on devrait organiser un Wall of Death… mais en forme de triangle. Un Wall of Death Illuminati. Ou une étoile satanique.
Avez-vous une autre anecdote qui pourrait faire une excellente chanson ?
Griska : Pendant le Covid, aux Pays-Bas, une femme voulait absolument m'expliquer que les écouvillons des tests nasaux contenaient des puces destinées à être injectées dans notre cerveau. À ce moment-là, j'ai compris qu'il fallait absolument écrire une chanson là-dessus.
Un dernier mot pour les fans ?
Germain : AAAAAARGHEUUUUUUU !
(Selon nos experts, il s'agissait soit d'un grizzly que l'on égorge avec une tranche de salami, soit d'une forme de communication avancée propre aux bassistes.)
Julien : Amusez-vous !
Griska : Je suis curieux de voir comment tu vas retranscrire son cri.
J'y réfléchis déjà.
Julien : Demande à l'IA.
Germain : C'est qui, Lia ?
C'est la personne qui corrige nos fautes et qui génère nos affiches.

