[EDITO] Live Report du Muscadeath 2026 !
Muscadeath XXIV : deux jours de metal, une bouteille de muscadet et beaucoup de copains
Il y a des festivals où l’on vient cocher des groupes sur une affiche. Et puis il y a ceux où l’on vient aussi retrouver des copains, discuter avec les artistes, croiser des confrères et refaire le monde autour d’un verre.
Pour moi, le Muscadeath XXIV aura été tout ça à la fois.
Les 18 et 19 septembre, le Champilambart de Vallet accueillait quinze formations réparties sur deux journées bien distinctes : le vendredi consacré au black metal, le samedi au death sous toutes ses formes. Un choix assumé par l’organisation, qui privilégie les groupes qu’elle apprécie et qui ne sont pas déjà engagés dans une tournée.
La production a également franchi un cap cette année, avec un éclairage plus travaillé et un son solide, adapté aux différentes formations.
Mais place aux concerts :
Jour 1 — MuscaBlack
Prieuré : une bonne entrée en matière
Le vendredi commence avec Prieuré, que je regarde surtout de loin, occupé à retrouver mes potes et à découvrir tranquillement le site, les stands de merch et l’ambiance.
Galibot faisait partie des groupes que je voulais découvrir. Malheureusement, mon interview de 1349 m’empêche d’assister à une grande partie du set. J’apprendrai ensuite qu’environ trente secondes avant de monter sur scène, l’intégralité de leur jeu de lumière est tombée en panne.
Et pourtant, rien ne laisse transparaître la panique. Le groupe assure comme des vétérans. Diffamie finira même par agiter son drapeau au-dessus de la scène, image qui restera comme l’un des moments les plus marquants de mon Muscadeath.
Les Bâtards du Roi confirment ensuite tout le bien que je pense de l’écurie Les Acteurs de l'Ombre Productions. J’accroche immédiatement à leur univers et les place parmi mes coups de cœur du vendredi. Autre joli hasard : Diffamie de Galibot vient les rejoindre sur un titre, sans même avoir eu le temps de se démaquiller entre les deux groupes.
Je rate Gorgon, occupé à manger au stand rougaille saucisses. Voyant que je supporte plutôt bien le piment, le cuistot me propose un piment oiseau de son jardin.
J’accepte.
Erreur.
Une heure plus tard, je crache encore du feu.
Erreur.
Une heure plus tard, je crache encore du feu.
Je ne vois malheureusement que la fin de Merrimack, après avoir discuté avec Galibot et Notyph, influenceuse metal rencontré sur place. Les quelques morceaux auxquels j’assiste sont très convaincants et énergique. De quoi regretter d’avoir raté le reste.
1349 était le groupe que je voulais absolument voir et il ne me déçoit pas. La prestation est impériale : setlist idéale, aucun temps mort et une vraie homogénéité. Une claque qui confirme que cette première journée mérite bien son surnom de MuscaBlack.
Mon classement du vendredi : 1349, Galibot, Les Bâtards du Roi.
J’ai également eu la chance d’interviewer Ravn de 1349 avant le concert. Prévu pour vingt minutes, l’entretien dépassera finalement les vingt-trois, avec un chanteur particulièrement bavard et passionnant sur l’évolution de 1349 et sa vision du black metal.
Après ça, impossible de regarder le concert exactement de la même manière : je voyais toujours une machine de black metal impressionnante, mais je savais désormais un peu mieux ce qu’il y avait derrière la machine.
Jour 2 — Muscadeath
Le samedi change complètement d’ambiance : place au death metal.
Une conférence de presse éclairante
Avant les concerts, l’organisation revient sur la séparation entre les deux journées. Le festival privilégie les groupes qui ne sont pas déjà en tournée et refuse de programmer des formations qu’elle n’apprécie pas elle-même.Une philosophie simple, qui explique sans doute la cohérence de l’affiche.
Les interviews s’enchaînent et je rate malheureusement Repurgator et Fatal. C’est le revers de la médaille lorsqu’on vient aussi travailler sur un festival.
L’interview de Benighted tombe à l’eau après un retard du groupe, mais j’ai tout de même le temps d’échanger quelques minutes avec eux et d’assister à leur prestation. Et là : masterclass. Après le départ récent de leur batteur, son remplaçant a dû apprendre le set au pied levé. Il ne donne pourtant jamais l’impression d’être un simple intérimaire et s’intègre totalement à l’énergie du groupe. Pour moi, Benighted est le groupe du deuxième jour.
Je n’accroche pas particulièrement au concert de Brutal Sphincter, mais les membres sont tellement sympathiques que je reste plus longtemps que prévu. On discute notamment de cinéma d’horreur et je repars même avec un T-shirt. Mon principal problème avec le groupe ? Je trouve parfois les titres de leurs morceaux plus drôles que les morceaux eux-mêmes.
Master propose un death metal old school, brut et direct. Ce n’est pas forcément ce que je préfère, mais je passe un très bon moment. Après les groupes plus modernes ou techniques, cette dose d’old school tombe finalement à point nommé. Il faudra que je redécouvre le groupe en studio.
Vomitory : deuxième énorme claque
Puis arrive Vomitory. J’avais interviewé Tobias Gustafsson quelques heures plus tôt : un homme calme, accessible et touchant. Sur scène, c’est un autre homme. Le contraste est saisissant et la prestation me met une nouvelle grosse claque. Vomitory rejoint donc Benighted dans mon podium du samedi.
Dernier rendez-vous : Decapitated. Malheureusement, un problème de retour m’oblige à quitter le site avant la fin du concert, ce qui signifie que je rate également Infern, pourtant programmé en clôture. Concernant Decapitated, le constat est simple : ultra carré et efficace. Troisième claque du samedi après Benighted et Vomitory.
Et surtout : un festival qui sait recevoir
Au-delà des concerts, l’organisation mérite d’être soulignée. Dès mon arrivée, je bénéficie de boissons sans alcool, de prises pour recharger le matériel et surtout d’une bouteille du fameux Muscadeath.
Nous l’avons ramenée à la maison, laissée au frais, puis bue en famille.
Et franchement ?
Il est excellent.
Les stands de nourriture et le bar sont également efficaces, avec peu d’attente malgré une fréquentation importante. La salle semble remplie à environ 90 % : il y a du monde, mais on respire encore et l’accès au premier rang reste possible.
Les bénévoles et la sécurité se montrent également disponibles et réactifs. Après deux journées chargées et quelques heures de sommeil, je m’appuie un moment contre un mur pour fermer les yeux.
À peine installé, quelqu’un vient vérifier si tout va bien et me proposer de l’eau.
Un petit geste, mais qui résume bien l’attention portée aux festivaliers.
L’échelle humaine, et c’est peut-être le plus important
C’est probablement ce que je retiendrai le plus du Muscadeath : son échelle humaine.
Ici, tout le monde se croise et peut discuter avec tout le monde : festivaliers, artistes, journalistes, techniciens, bénévoles et organisateurs.
J’ai pu retrouver mes potes, échanger avec des musiciens autour d’un verre, parler cinéma avec Brutal Sphincter, interviewer des groupes venus de plusieurs pays et recroiser des confrères.
On n’a pas vraiment l’impression d’être dans deux mondes séparés.
Tout le monde est là pour s’amuser.
Et ça, c’est metal.
Le verdict
Deux journées, quinze groupes, des interviews, des découvertes, beaucoup de discussions, une bouteille de muscadet et un piment oiseau qui restera mon pire ennemi du week-end.
Mes claques personnelles :
Vendredi : 1349, Galibot, Les Bâtards du Roi.
Samedi : Benighted, Vomitory, Decapitated.
Au-delà des concerts, je retiendrai surtout une organisation efficace, une production scénique en progrès, des bénévoles attentifs et une ambiance humaine qui fait énormément de bien.
Le Muscadeath XXIV aura parfaitement rempli son contrat.
Un festival à refaire.
Et cette fois, promis : je demanderai au cuistot de garder son piment oiseau pour lui.

