
Burning Witches - Inquisition
Deux ans à peine après leur dernier méfait "The Dark Tower" (aucun rapport avec Stephen King), les Suissesses de Burning Witches sont déjà de retour avec un sixième opus, qui célèbre également les 10 ans de la création du groupe. Et malgré les changements de line up, le groupe de power metal garde une identité reconnaissable avec son concept puissant, à la Sabaton, où chaque album aborde un thème historique particulier. Après la sympathique Erzebeth Bathory et ses soins de peau très particuliers, on parlera donc de cette époque où il faisait bon vivre qu'était l'Inquisition !
Si je suis souvent du genre à skipper les intros, sauf si elles enchaînent directement sur le morceau suivant, ici rien de tel car ça permet réellement de nous faire entrer dans l'ambiance voulue par l'album. "Sanguini Hominum" et son texte en latin répété par des voix masculines, façon Era nous donne le contexte religieux d'entrée. Mais c'est avec "Soul Eater" que l'album démarre réellement avec son riff martial.
"Inquisition" n'est pas l'album le plus heavy du monde dans son style, préférant instaurer une atmosphère malaisante et un peu mystique, mais délivre néanmoins de solides riffs. L'ambiance presque cinématographique de certains morceaux, sans pour autant virer sympho, y est pour beaucoup. La voix de Laura est également encore une fois la véritable star de l'album, avec son chant tantôt heavy classique, tantôt saccadé et s'accorde parfaitement avec les guitares qui semblent lui répondre. Les harmonies étant une des grandes forces de cet opus. On est donc dans un album globalement similaire aux précédents. On est dans une continuité de ce qu'a fait Burning Witches à ce jour, et pas dans une réinvention. Et parfois c'est très bien aussi. On verra dans 10 albums si ça le fait toujours cela dit.
Mélodies punchy, refrains à scander en concerts, riffs parfaits pour headbanguer, soli d'enfer... L'ennui n'a pas vraiment sa place sur "Inquisition" qui nous offre un parfait combo de heavy classique et de power metal. Les sonorités évoquant pas mal Iced Earth, mais parfois aussi Ronnie James Dio, comme sur "High Priestess of the Night" et son ambiance fantastique. "Burn in Hell", plus bourrin sera un titre parfait pour la scène. "The Spell of the Skull", symbolise lui assez bien ce que raconte l'album avec ses riffs un peu plus calme et ses tonalités occultes. Le côté cinématographique se ressent assez bien, même indépendamment des paroles, via l'enchaînement des chansons. On pourrait faire un "track by track", mais cela serait assez répétitif, l'album étant plutôt homogène. Au bout de 2 ou 3 chansons, vous saurez si vous appréciez Inquisition ou pas !
Ce sixième opus des helvètes, dans la droite lignée de leurs précédentes oeuvres se veut à la fois une continuation et une célébration de ce que représente Burning Witches. Un heavy metal classieux et puissant mais n'hésitant pas à calmer le jeu pour donner une teinte particulière aux morceaux. L'aspect cinématographique de l'ensemble rend l'écoute de l'album complet plus impactante que des chansons prises séparément, donnant une vraie unité à l'ensemble. Comme une réponse féminine et plus sexy à Sabaton, les suissesses ne prêcheront en revanche que les convertis, avec un album conventionnel, mais qui sera célébré par les fans lorsqu'elles pourront défendre ces nouveaux titres sur scène.
