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False Messiah - Seven

Écrit par SataNico le .

Il y a des groupes qui mettent leurs musiciens en avant. False Messiah fait exactement l'inverse. Impossible, ou presque, de savoir qui se cache derrière ce mystérieux collectif canadien. Hormis les invités Stéphane Buriez (Loudblast/Sinsaenum) et Craig Cairns (Tailgunner), le projet préfère laisser parler sa musique plutôt que les CV de ceux qui la composent. Et finalement, cette discrétion fait totalement sens : "Seven" n'est pas l'album d'un chanteur ou d'un guitariste, c'est avant tout le premier chapitre d'un univers dystopique plus vaste, destiné à se prolonger à travers des clips et un roman graphique. Ici, l'œuvre passe avant les individualités, et j'avoue avoir trouvé cette démarche aussi intrigante que rafraîchissante.

Dès "Iron Sky", la filiation saute aux oreilles : on pense tour à tour à Visions of Atlantis, Epica, Edenbridge, Tristania ou encore After Forever. Pourtant, loin de se contenter d'un collage d'influences, False Messiah les digère intelligemment pour construire une identité cohérente. Le métal symphonique côtoie le heavy, quelques touches gothiques, des orchestrations cinématographiques et même une légère influence industrielle, le tout porté par une excellente chanteuse dont la voix devient rapidement le véritable fil conducteur de l'album.

Ma première écoute m'a pourtant un peu trompé. Les deux premiers morceaux, très directs, m'ont donné l'impression d'un album efficace mais relativement classique. Puis arrivent "Shadows of Faith", "Last Sanctuary" et surtout "Break the Silence", qui changent complètement ma perception. Les compositions gagnent en ampleur, alternent davantage les ambiances et révèlent une progression musicale qui accompagne visiblement le récit. Sans même avoir les paroles sous les yeux, on ressent que chaque titre représente un chapitre d'une histoire plus vaste. Une fois cette logique comprise, les premiers morceaux prennent eux aussi une nouvelle dimension. C'est typiquement le genre de disque qui se bonifie au fil des écoutes.

J'ai particulièrement apprécié la manière dont les growls sont utilisés. Ils ne servent pas de second chant permanent, mais interviennent comme une présence inquiétante, presque comme une voix intérieure ou un écho maléfique venant ponctuer les moments clés du récit, tandis que le chant féminin reste le personnage principal de cette aventure musicale. Les passages narratifs en espagnol participent également énormément à l'immersion ; j'aurais même volontiers écouté un album entièrement dans cette langue.

Musicalement, tout est solide. Les riffs sont efficaces, les solos bien sentis, les morceaux ne s'éternisent jamais inutilement et l'enchaînement des chapitres suffit à créer ce sentiment d'épopée, sans qu'il soit nécessaire d'empiler les titres de dix minutes. "Shadows of Faith", "Break the Silence", "Last Sanctuary" et "Enter The Light" figurent parmi mes gros coups de cœur. Quant au remix électro final d'Iron Sky, il pourra surprendre, mais j'y ai vu une ouverture intéressante vers une facette que le groupe pourrait encore développer à l'avenir.

S'il me reste une petite réserve, elle concerne les orchestrations, que j'aimerais entendre interprétées un jour par un véritable orchestre plutôt que par des banques de sons. C'est déjà très convaincant, mais je suis persuadé que False Messiah possède encore une belle marge de progression.

En refermant ce premier chapitre, je réalise finalement que je suis incapable de vous dire qui joue sur cet album… et c'est peut-être exactement ce que souhaitait False Messiah. La musique parle d'elle-même, l'univers prend le dessus sur les individualités et, pour une première œuvre, la promesse est plus que tenue. J'attends désormais la suite avec une vraie impatience. 
 
 
note4 5

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